"il n’est pas question de livrer le monde aux assassins d’aube" (Aimé Césaire)

"il n’est pas question de livrer le monde aux assassins d’aube" (Aimé Césaire)

dimanche 22 février 2015

Métro pour un retour vers l’apartheid


Le raciste d’aujourd’hui est inadapté à un monde où les Noirs, dans leur longue marche pour l’égalité, se rapprochent, jour après jour, de  leur objectif. L’égalité raciale étant le cauchemar du raciste, ce dernier fait tout pour que cela ne soit pas une réalité, quitte à dévier des rails du présent pour s’engouffrer dans les tunnels menant aux âges les plus sombres de la discrimination raciale. Les supporters de Chelsea qui ont usé de la force pour empêcher Souleymane, un père de famille qui revenait du travail, de rentrer dans le métro, vivaient pleinement leur retour au temps de l’apartheid. Ils chantaient leur goût pour le racisme, ils étaient ivres du temps retrouvé. Le raciste est un obsédé de ce type de voyage dans le temps. À n’importe quel endroit de la société, il travaille à recréer le wagon sans mélange qui s’enfonce dans les terres d’un temps aux ailes brisées. Sur le quai, des voyageurs regardent, sans bouger, le remake du temps de Rosa Parks. Nous sommes à Paris, le 17 février 2015. Le film de cette barbarie archaïque n’est hélas pas joué que par des acteurs composés de supporters de foot. Dans des États dits démocratiques ou sur des terres dites saintes, des histrions boursoufflés de haine rejouent les films d’horreur de la ségrégation raciale. Jusqu’à quand accepter, sous nos yeux, ces replays de l’apartheid, crime contre l’humanité ?   

Mariama Samba Baldé



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